jeanfrancoispeyret.fr

Les journaux de Jean-François Peyret, 2001 à 2008, sont téléchargeables ici

lundi 16 décembre 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 19 min

Un étudiant : vous l’avez emporté sur Prochiantz. Je réponds : non, c’est Ovide qui a gagné. Ou, pour dire les choses autrement, le théâtre a maté la science. Mais la science n’était pas là.

Un autre étudiant (Nanterre) : c’est dommage qu’on en revienne à du théâtre convenu (le théâtre dans le théâtre, etc.) Je suppose qu’il parle du théâtre de Bacchus. Quand c’est ouvert, c’est moins bien.

Ce que je dis de la perturbation. Ovide perturbé par, par quoi ?

jeudi 5 septembre 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 18 min

Ce qui manque dans la première partie de cahier 7, c’est ce qui concerne la littérature scientifique, sur Darwin comme auteur littéraire ou Monod.

Ce qu’il faut que je mette en avant dans le Prologue, que je n’ai pas d’explications à donner, pas de commentaire à faire, le théâtre, c’est ça. Mais je pourrais restituer la vie que j’ai vécue : entre la poésie d’Ovide, des bribes de science, tout ça dans la même tête. Comment a vécu mon cerveau, les conditions d’une rêverie. Un Cahier de notes ou il y a un peu de tout, des fragments d’Ovide, des bouts d’essai du matériau qu’on donnera en pâture à nos ruminants.

Indiquer quelque chose aussi sur la gageure : créer de l’émotion théâtrale sachant que la métamorphose est une cause perdue. Pas d’effets spéciaux. Ce n’est pas représentable. Un théâtre de mots. Du théâtre traditionnel, en somme.

mercredi 4 septembre 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 17 min

J’essaye seulement de faire quelque chose. Ce serait plutôt à mettre au compte du T et son T. L’angoisse du lever ; je ne parviens pas à m’en débarrasser ; est-ce par ce que je dors trop ? Mais toujours cette longue agonie des mal doués. Est-ce que j’ai jamais connu l’orgasme de la création. Peut-être un peu dans un théâtre. C’est un supplice moindre que l’écriture.

vendredi 30 août 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 16 min

Retour d’une excursion au Pays basque. Pas touché pendant ces dix jours à l’ordinateur. J’espère que c’était pour laisser reposer les choses, ou me reposer tout court. Je n’en pouvais plus de mes cahiers « génisse ». En arrêt complet, et pas comme un chien. Le vide vertigineux ; impossible de bouger un mot.

Je ne sais pas ce qui m’a ainsi découragé ; la mise en place s’était déroulée dans un bon climat (était-ce grâce au Prozac ?) et patatras de nouveau.

Il faut que je reprenne à nouveaux frais le premier cahier.

Partir de l’idée (pour la première date) que je ne parviens pas à poser la bonne question.

mardi 20 août 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 15 min

Été à faire ce livre. Avec le Prozac, impression que certains empêchements étaient levés. J’atais moins obsédé par mes idées fixes. En bifrontal, nous avons pas mal avancé, Alain et moi. Et depuis quelques jours, après avoir relu les premières moutures, la catastrophe à nouveau. Blocage sur la réfection du début, le Journal de l’été 2002. Notamment sur la question de la littérature. Mon entrerpise est littéraire ; elle ne prétend pas à la science, tout juste peut-être à remplir, si modestement que ce soit, le programme brechtien d’un théâtre de l’ère scientifique, ce qui ne veut pas dire que le théâtre doit se croire scientifique. Il y a ce que j’ai dit, le caractère incontournable de la provocation de la science aujourd’hui ; elle est vraiment l’affaire du peuple. Ce n’est pas un qui est né quelques semaines après Hiroshima qui vous dira le contraire. Ce n’est pas un contemporain de l’anthropotechnique qui pourra l’ignorer.

Mais toute chose a sa part d’ombre. Je peux aussi réserver à la science, à sa présomption, de mauvais traitements.

Lundi 3 juin 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 15 min

Quel ouvrage ? Doit-il être double, et double comment ? Montrer comment les mêmes interrogations passent d’un cerveau à l’autre.

Jeudi 30 mai 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 14 min

Quel livre faire de ça ? On peut faire livre de tout, et surtout de rien, du Rien. Au jugé comme ça, les centres de gravité ; comment Ovide est arrivé là-dedans et comment le biologiste aussi. Il ne faudrait pas donner l’impression de fournir un commentaire.

Mercredi 29 mai 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 12 min

Picasso : « Je peins comme d’autres écrivent leur autobiographie. Mes toiles, finies ou non, sont les pages de mon journal et, en tant que telles, elles sont valables. »

jeudi 23 mai 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 13 min

Ce ne peut être une mise en scène, qu’une sorte de lecture. L’envers du théâtre ou sa fin ;

Les Héroïdes ou Lettres d’amour, sont une curiosité littéraire. Ovide imagine que les vedettes de la tragédie grecque de Phèdre à Médée en passant par Ariane, Didon, Hélène sans oublier Pénélope et d’autres amoureuses moins célèbres

Il y a bien longtemps maintenant Ovide imagina un curieux objet littéraire. Il prit un certain nombre d’héroïnes appartenant à la jet set tragique, Médée, Ariane, Phèdre, Briséis, Pénélope, Didon et d’autres moins médiatisées, les arracha à leur théâtre, les fit sortir de scène, les jeta dans la solitude et leur fit adresser des lettres d’amour au perfide, lequel en général a disparu sans laisser d’adresse. Résultat : Les Héroïdes, en latin Epistulæ heroidum, Lettres d’héroïnes, si l’on veut, et on les trouve en livre de poche sous le titre de Lettres d’amour (folio classique).

Le geste d’Ovide est singulier, pervers peut-être. Enigmatique en tout cas. Faire passer ainsi une fable d’un médium dans l’autre n’est pas seulement un jeu rhétorique et il doit bien y avoir un enjeu plus grand. Quel est en effet le rendement de ce déplacement, de cette déterritorialisation ? Il y a une manière de se placer au-delà du théâtre (« la tragédie a eu lieu ») qui ne peut que nous faire nous interroger aujourd’hui, quelque chose qu’on dirait, pour rester latin, très « post », le côté « que reste-t-il de nos tragédies ? », eh bien, pour Ovide, il ne reste que l’amour, ou les amoureuses. Et aussi : quel profit, quelle perte y a-t-il à dévoyer ainsi la rhétorique de la lettre pour la mettre au service d’une pathétique amoureuse très particulière, d’autant que ces lettres ont plus de chances de nous parvenir à nous plutôt qu’à leurs destinataires vagabondant : par exemple, sa lettre à Ulysse, elle l’envoie où, Pénélope ?

Par un juste retour des choses (le retour à l’envoyeur ?), il serait curieux, justement, de faire retourner ces dames à leur lieu d’origine, le théâtre, un théâtre et pourquoi pas un théâtre grec mais dans un spectacle qui tienne plus de l’installation post-théâtrale, dans l’entre-deux de la scène et de l’écran. Que peut-on imaginer ? Une espèce d’épilogue à la tragédie, la machine tragique est hors jeu ; restent les héroïnes, abandonnées, s’adonnant à l’écriture (ici une espèce de lecture). Comment ? Ou bien, il s’agit d’une seule actrice qui lit-écrit plusieurs de ces lettres, qui est toute ces héroïnes à la fois, ça se mélange dans sa tête, ça prolifère. Ou bien elles sont plusieurs, en batterie, font presque assaut de désespoir amoureux, et dans plusieurs langues.

mardi 21 mai 2002

Classé dans : 1. La génisse et le pythagoricien (janvier 2001 à mai 2003) — admin @ 15 h 13 min

Retour de Syracuse : donc la chose risquerait de se faire. Malgré mon côté circonspect. Démoralisation avec le retour à Paris. Mal de dents pendant tout le week-end ; ça entretient la mauvaise humeur.

Ortigio délabré ; tout le passé désaffecté.

Articles plus anciens »

Propulsé par WordPress