jeanfrancoispeyret.fr

Les journaux de Jean-François Peyret, 2001 à 2008, sont téléchargeables ici

mercredi 7 septembre 2005

Novalis : il en va du langage comme des formules mathématiques : elles constituent un monde en soi, pour elles seules ; elles jouent entre elles exclusivement, n’expriment rien sinon leur propre nature merveilleuse, ce qui justement fait qu’elles sont si expressives que justement en elles se reflète le jeu étrange des rapports entre les choses. Cité par Claude Simon dans le Discours de Stockholm.

jeudi 18 août 2005

Manque tout Avignon et le contre-coup, trois semaines de silence. Serait-il temps de faire un bilan ? Je fuis cette époque (ce moment-là de ma vie) et ces gens. L’envie d’oublier ?

Ou faut-il s’astreindre à faire l’analyse de ce qui s’est passé ? Je peux vivre sans représentation de tout ça.

Je n’ai au bout du compte abordé que la question de la biographie : qu’est-ce que raconter une vie, ou qu’est-ce que tenir un discours sur une vie sans la raconter ? Ou plutôt en la racontant d’une manière non tout à fait conventionnelle. Je devrais revenir sur cette question du souvenir : qu’est-ce que se souvenir de quelqu’un qu’on n’a pas connu ?

jeudi 7 juillet 2005

Que faire de ce qui n’a pas encore disparu. Sophie K est perdue pour moi. Faire avec ce qui était là mais n’est plus. Les restes d’une personne. Il ne s’agit pas bien sûr de la fair revivre. Travail de deuil, ou plutôt jeu de deuil.

dimanche 3 juillet 2005

Intermède : déjeuner au Prieuré ; ça fait du bien.

Je vais considérer qu’il n’y a pas de déficit de maths ; il y a un échec à les prendre en compte, à en faire véritablement quelque chose, mais sinon… Maths géné, ça va si c‘est bien joué. Maths sk : est-ce que l’hypothèse Nath et toupie, ça suffit ? En fait, il faudrait trouver un moment de sensualité. La femme et les maths, ou Sophie et sa toupie.

Que faire ? Un gros travail sur Galilée (avec le W.Kolleg ?)

samedi 2 juillet 2005

Contre le cliché biographique ; ce serait ça le propos ? La peur ; le côté ringard du théâtre : costumes et canapé. Le drap du canapé pourrait être d’une autre couleur ?

vendredi 1er juillet 2005

Juillet… Perdition est un mot faible. Il faut se reprendre, mais comment, je disais, même en trichant, en coupant un peu à travers champ.

La question : qu’est-ce que Graham fait là, Il est le théâtre (lui, l’acteur) qui est concerné, mais sans qu’on sache pourquoi par SK. Il aurait bien joué dans une pièce sur elle. Il est quasiment chez lui sur le plateau, une espèce de présence. Donc il est là dès l’entrée des spectateurs. Une permanence contre la variété des comédiennes, qui sont trois hypothèses. Il peut les relancer, comme les interrompre. Graham pourrait aussi aller écrire à l’ordinateur.

Donc je raconte :

-entrée des spectateurs, Graham est seul sur le plateau. Il peut y avoir le régisseur son.

-il met un casque et écoute le premier dialogue des comédiennes. On le voit écoutant. Mais pas regardant, donc.

-entrée d’Alexandros et de Pierre. Début de concert, interrompu par les souvenances de G.

-deuxième temps : il les voit (les comédiennes mathématiciennes) dans leur loge (intérieur grande loge 1-live)  Jusqu’à l’autopsie, entrée de Nathalie. Scène comme hier. Graham à la toupie, Alexandros suit. Images

-Olga revient après l’Internationale. Et pourrait dire à Graham et Alexandros son texte sur ses inclinations.

(ici le texte sur la biographie, sur Freud, Graham dit cela à Alexandros qui met en musique, mais les filles filent vers le cinéma. « elina raconte » ; Graham s’intéresse à la mort. Hamlet, etc. voir matériaux ; choses enregistrées, finir par le premier papier peint « petit chromo »)

-séquence Enfance : pas grand changement. Olga avec Graham : et vous comment vous nomme-t-on ? Olga reste ujn peu avec Graham qui s’occupe d’elle ; jouent avec des toupies au lointain. Poupée et tout. Olga sort sur les maths, accompagnement/transformation musicale.

-grande loge

-descente du lustre. « Mathématiques sévères en Sibérie » ? nihilisme2 sensibilité aux conditions intiiales. Scène comme jusque là avec le poème de Verlaine à la fin. Silence silence, ensuite musique de fin ? Ou comment faire le silence ?

mercredi 29 juin 2005

Pas en mettre plein la vue. Pas épater le bourgeois, qui est inépatable.

Hier soir des images à la Bram Van Velde. Demander à Claire d’apporter qch de lui. Ai-je ça à la maison ?

Toujours le truc serre-kiki. Lu un peu de Lautréamont ce matin. Ça décoince et peut m’aider pour Graham. Le poète cruel et les mathématiciennes ; je me dis qu’il faudrait une roue de bicyclette, un urinoir et un vide –bouteilles. Et la machine à coudre ? Je ne parle pas de la table d’autopsie.

Pierre arrive et écrit : le public est entré. Que faire ? Que faire ? le livre de Tchernychevski, incontournable, livre culte pour la génération de Sophie, l’épidémie de mariages blancs

-le mariage blanc comme signe d’émancipation de la femme

-que faire ? Par où commencer, comment commencer un spectacle post-dramatique ?

-au lieu de suivre une marche linéaire, son esprit rayonnait au centre de la question qu’il étudiait vers la périphérie. De là vient que dans l’enseignement et même dans la conversation ordinaire, il était souvent difficile à suivre et parfois même obscur. Qu’il exposât une théorie scientifique, ou qu’il contât une anecdote, il ne commençait presque jamais par le commencement. Mais ex abrupto, il lançait en avant le fait saillant, l’événement caractéristique, ou le personnage central, personnage qu’il n’avait point même pris le temps d’introduire et dont parfois son interlocuteur ignorait jusqu’au nom.

-Poincaré ; c’est de Poincaré qu’il s’agit

-oui, Poincaré.

Scène des trois sœurs

-la toupie de Sophie, c’est la rotation d’un corps autour d’un point fixe.

-le corps

-ce serait quoi le point fixe autour duquel tourne Sophie ?

-y en a-t-il un ?

-ou plusieurs ?

-autour duquel tourne le corps de Sophie ?

-autour de plusieurs points fixes.

-la littérature, les mathématiques, le féminisme.

-un corps qui tourne autour de plusieurs points fixes ! Ça ne doit pas être intégrable…

-le nihilisme ; je commence par là, le point fixe du nihilisme.

-je commence par le roman, Une nihiliste.

-et Sophie involontairement a fini par là ; quand elle mourut, prématurément, elle était en train d’écrire la vie de Tchernychevski, l’auteur de Que faire ? le livre culte de la génération, et le livre devati s’achever sur l’arrestation de Tchernychevski…

-Tous les Barantsov étaient beaux de leur personne. Il ne saurait y avoir chez eux ni êtres difformes ou contrefaits, ni même laiderons. Comme s’ils éprouvaient une attraction naturelle pour la beauté ou avaient d’instinct pressenti Darwin, tous les comtes Barantsov épousaient des beautés, toutes leurs filles se trouvaient de beaux garçons pour maris, si bien que le type familial était désormais solidement établi. (42)

-je te dis : le corps. Et Sophie n’aimait pas la difformité ;

-ah ?

-l’histoire de Vera Barantsov, la vocation du martyre, la recherche du sacrifice. Elle vient trouver Sophie

-ou la narratrice

-et lui demande comment elle pourrait aider les nihilistes

-le mieux était d’en épouser un pour que sa peine en soit allégée

-Vera épouse Pavlenkov, et à la fin du roman part avec lui en Sibérie.

-et dire que j’ai passé tout l’hiver à me morfondre en quête d’une cause, reprit-elle d’une voix alerte et gaie. Mais je l’ai là, ma cause, sous la main, et quelle cause ! Je n’aurais pu mieux trouver. Je t’avouerai franchement : pour toute autre activité, que ce soit la propagande révolutionnaire ou l’activité clandestine, je n’aurais pas convenu. Il y faut une grande intelligence, de l’éloquence, il faut savoir mener les gens, se faire obéir,et tout ça n’est pas dans mes cordes. Et puis j’aurais constamment été prise de pitié en envoyant les autres au danger. Mais partir en Sibérie, c’est fait pour moi, et c’est une vraie cause ! Et puis tout est si simple, si inattendu, c’est comme si cela s’était arrangé tout seul. Seigneur, comme je suis heureuse ! (174)

- Dis-moi en conscience : si tu n’étais pas déjà mariée, n’aurais-tu pas agi de même ?

- Non Vera, je ne crois pas que j’aurais pris ce parti. (160)

-Tu en demandes trop ! s’exclama-t-elle gaiement. A-t-on jamais vu des gens se précipiter dans l’abîme autrement que tête baissée ? Qu’est-ce que tu crois ? (170)

-tu crois que Sophie réprouve ce sacrifice ?

-sacrifice de la beauté…

-le corps, je te dis

-Sophie utilisa ses relations avec Dostoïevski pour aider Vera, la vraie Vera, Vera Goncharova, une lointaine parente de Pouchkine à rencontrer Pavlovski, le modèle de Pavlenkov. Dans son roman, Sophie minimise son propre rôle. La réalité a dépassé la fiction en brutalité : Pavlovski s’échappa de Sibérie et vécut un temps à Paris avec Vera,

-mais il était cruel et violent. En 1882, Sophie, voyant combien Vera était malheureuse, lui donna de l’argent et son passeport pour qu’elle retourne en Russie. Plus tard Pavlovski menaça Sophie de lui jeter de l’acide au visage si elle ne lui révélait pas l’adresse de Vera. Il n’est pas passé à l’acte.

Maria Jankowska-Mendelson demanda un jour à Sophie pourquoi elle n’avait pas écrit l’histoire vraie :

—vous savez, ici à l’Ouest notre vérité russe ne paraît pas plausible et n’aurait ému le lecteur que comme une fantaisie morbide.

-l’acide, le visage de Sophie

mardi 28 juin 2005

Perdition, suite.

carton 1 : dialogue

-le public est entré. Problème : comment commencer un spectacle post-dramatique ?

-pourquoi post-dramatique ?

-tu n’as pas lu la presse ? Le texte n’est plus l’enjeu central…

-ah bon ? Mais pour moi, il le demeure.

-ne le dis pas trop fort.

-texte ou pas, il faut commencer.

-tu n’as qu’à faire comme Poincaré. Au lieu de suivre une marche linéaire, son esprit rayonnait au centre de la question qu’il étudiait vers la périphérie. De là vient que dans l’enseignement et même dans la conversation ordinaire, il était souvent difficile à suivre et parfois même obscur. Qu’il exposât une théorie scientifique, ou qu’il contât une anecdote, il ne commençait presque jamais par le commencement. Mais ex abrupto, il lançait en avant le fait saillant, l’événement caractéristique, ou le personnage central, personnage qu’il n’avait point même pris le temps d’introduire et dont parfois son interlocuteur ignorait jusqu’au nom.

-je commence. Imagine. Le public est entré. Les régies son et image sont déjà en activité. Puis vient la scène des trois comédiennes au jardin, qui, en fait, est à cour.

-les trois sœurs ?

-si tu veux. Pendant leur conversation, Alexandros entre.

-dialogue à propos de Sophie K, leur héroïne et de Une Nihiliste.

(Dialogue : on en marque le début, puis : etc.)

-Alexandros met fin à ce dialogue d’exposition. Je te dis que c’est du théâtre classique. (traditionnel, quoi) (musique sur fond de bouleaux)

-Vera Goncharova était une lointaine parente de Pouchkine ; elle vint trouver Sophie K pour lui demander comment elle pourrait aider les populistes qui avaient été arrêtés. En réalité, Sophie utilisa ses relations avec Dostoïevski pour aider Vera à rencontrer le prisonnier politique Pavlovski. Dans la fiction, Sophie K minimise son propre rôle. La réalité a dépassé la fiction en brutalité : Pavlovski s’échappa de Sibérie et vécut un temps à Paris avec Vera, mais il était cruel et violent. En 1882, Sophie, voyant combien Vera était malheureuse, lui donna de l’argent et son passeport pour qu’elle retourne en Russie. Plus tard Pavlovski menaça Sophie de lui jeter de l’acide au visage si elle ne lui révélait pas l’adresse de Vera. Il n’est pas passé à l’acte.

Maria Jankowska-Mendelson demanda un jour à Sophie pourquoi elle n’avait pas écrit l’histoire vraie :

—vous savez, ici à l’Ouest notre vérité russe ne paraît pas plausible et n’aurait ému le lecteur que comme une fantaisie morbide.

—MOI : et ça la foutait mal, que Pavlovski ait été un type sordide.

( à la fin de la musique, Graham entre)

-fin de la musique. Une évidence : il faut faire entrer Graham, mais je ne sais pas trop comment, ni pourquoi.

(Graham donne le résultat du prix Bordin)

-intérieur grande loge (peut-être sur filmé sur l’écran de l’ordinateur)

(scène comme répétée)

(identique P3 jusqu’au retour de Olga auprès de Markeas. Qqch à l’écran sur l’impossibilité de la biographie qui peut être relayé par Graham ; scène du scénario ; Olga sort du plateau et entre dans l’image, rejointe par Nathalie. Scène de la toile peinte et des fleurs. Graham sur le plateau commente la scène en donnant de la biographie ; dificulté d’incarner, et tout le tremblement. Nathalie entre avec les souvenirs d’enfance, suivie de Olga ; Elina entre plus tard )

-ici il serait grand temps que Graham dise quelques mots sur notre entreprise qui ne saurait être biographique. Biographes, je vous hais, détrousseurs de cadavres, etc. Le biographe est pour Freud ce que le créationniste est pour Darwin.

-pourquoi devrions-nous être intelligibles aux autres ? et à nous-mêmes ?

-nous, notre problème, ce n’est pas de comprendre Sophie K ; mais de vivre quelques temps en sa compagnie.

-ou de la faire vivre quelques temps dans notre compagnie.

-une quête d’expériences. Si la vie était une quête d’expériences plutôt qu’une quête de sens ? Vivre n’a pas de sens.

-s’interdire de parler de sa mort.

-chut !

-d’accord.

-tenir le hasard pour indigne de décider de notre destin, ce n’est rien d’autre qu’une rechute dans la conception religieuse du monde.

Le texte n’est plus l’enjeu central…

-ah bon ? Mais pour moi, il le demeure.

-ne le dis pas trop fort.

-mais si, cela serait un bon sujet de conversation avec mon ami Jan F. Est-ce que le mot est plus fort que la chose ? Voir ou écouter, c’est toujours la même vieille question.

-de même que, comme disait Heiner Müller, la description de la torture est plus difficile que la torture.

-ce n’est pas tout à fait pareil. Mais je rêve d’un théâtre dans lequel entendre le mot (ou même lire)  CHIER, PISSER, FOUTRE, SAIGNER, SUER ou je ne sais quoi, soit plus fort que la vision de la chose.

-tu es une vieille pouffiasse littéromane, comme disait l’autre. Et ça ne me dit toujours pas comment commencerait le spectacle, post ou pas post.

lundi 27 juin 2005

Pas mal d’avoir des dialogues écrits plutôt que joués.

carton 1 : dialogue

-le public est entré. Premier problème à résoudre : comment commencer un spectacle post-dramatique ?

-pourquoi post-dramatique ?

-tu n’as pas lu la presse ? La presse parle de « déferlante post-dramatique ». La presse conservatrice (qu’en termes galants…) semble vouloir préférer regarder le Tour de France.

-Je les imagine ! Mais attends, les vélos, ça bouge tout le temps ; c’est beaucoup plus difficile à regarder, le Tour de France, qu’une pièce de Tchekhov ou de Molière, plus difficile que le théâtre pas post.

-post-dramatique ?

-le texte n’est plus l’enjeu central…

-ah bon ? Mais pour moi, il le demeure.

-ne le dis pas trop fort.

-mais si, cela serait un bon sujet de conversation avec mon ami Jan F. Est-ce que le mot est plus fort que la chose ? Voir ou écouter, c’est toujours la même vieille question.

-de même que, comme disait Heiner Müller, la description de la torture est plus difficile que la torture.

-ce n’est pas tout à fait pareil. Mais je rêve d’un théâtre dans lequel entendre le mot (ou même lire)  CHIER, PISSER, FOUTRE, SAIGNER, SUER ou je ne sais quoi, soit plus fort que la vision de la chose.

-tu es une vieille pouffiasse littéromane, comme disait l’autre. Et ça ne me dit toujours pas comment commencerait le spectacle, post ou pas post.

-par où commencer ?

-faire comme Poincaré : « Au lieu de suivre une marche linéaire, son esprit rayonnait au centre de la question qu’il étudiait vers la périphérie. De là vient que dans l’enseignement et même dans la conversation ordinaire, il était souvent difficile à suivre et parfois même obscur. Qu’il exposât une théorie scientifique, ou qu’il contât une anecdote, il ne commençait presque jamais par le commencement. Mais ex abrupto, il lançait en avant le fait saillant, l’événement caractéristique, ou le personnage central, personnage qu’il n’avait point même pris le temps d’introduire et dont parfois son interlocuteur ignorait jusqu’au nom. »

-bon, alors je commence. Imagine. Le public est entré. Stéphane (ou Eric en alternance) se rend à son poste (son) et donne à entendre un début de musique. Toujours l’oreille. Ainsi fait Pierre qui s’installe à ses machines à faire des images, et se met à bricoler. Cette note (notule) dramaturgique (comment appeler ça, une vile astuce méta ou post). Quelques images aussi, par saccades, je pense. Puis vient la scène des trois comédiennes au jardin, qui, en fait, est à cour.

-les trois sœurs ?

-si tu veux. Pendant ce dialogue, Alexandros entrera.

-dialogue à propos de Sophie K, leur héroïne et de Une Nihiliste.

(Dialogue : on en marque le début, puis : etc.)

-Alexandros met fin à ce dialogue d’exposition. Je te dis que c’est du théâtre classique. (traditionnel, quoi) (musique sur fond de bouleauxs)

-Vera Goncharova était une lointaine parente de Pouchkine ; elle vint trouver Sophie K pour lui demander comment elle pourrait aider les populistes qui avaient été arrêtés. En réalité, Sophie utilisa ses relations avec Dostoïevski pour aider Vera à rencontrer le prisonnier politique Pavlovski. Dans la fiction, Sophie K minimise son propre rôle. La réalité a dépassé la fiction en brutalité : Pavlovski s’échappa de Sibérie et vécut un temps à Paris avec Vera mais il était cruel et violent. En 1882, Sophie, voyant combien Vera était malheureuse, lui donna de l’argent et son passeport pour qu’elle retourne en Russie. Plus tard Pavlovski menaça Sophie de lui jeter de l’acide au visage si elle ne lui révélait pas l’adresse de Vera.

Maria Jankowska-Mendelson demanda un jour à Sophie pourquoi elle n’avait pas écrit l’histoire vraie :

—vous savez, ici à l’Ouest notre vérité russe ne paraît pas plausible et n’aurait ému le lecteur que comme une fantaisie morbide.

—MOI : et ça la foutait mal, que Pavlovski ait été un type sordide.

( à la fin de la musique, Graham entre)

-fin de la musique. Je sens que ce serait le moment de faire entrer Graham, mais je ne sais pas trop comment, ni pourquoi.

(Graham donne le résultat du prix Bordin)

-intérieur grande loge (peut-être sur filmé sur l’écran de l’ordinateur)

(scène comme répétée)

(identique P3 jusqu’au retour de Olga auprès de Markeas. Qqch à l’écran sur l’impossibilité de la biographie qui peut être relayé par Graham ; scène du scénario ; Olga sort du plateau et entre dans l’image, rejointe par Nathalie. Scène de la toile peinte et des fleurs. Graham sur le plateau commente la scène en donnant de la biographie ; dificulté d’incarner, et tout le tremblement. Nathalie entre avec les souvenirs d’enfance, suivie de Olga ; Elina entre plus tard )

-ici il me semble qu’il serait grand temps que Graham dise quelques mots sur notre entreprise qui ne saurait être biographique. Biographes, je vous hais, détrousseurs de cadavres, etc. Le biographe est pour Freud ce que le créationniste est pour Darwin.

-pourquoi devrions-nous être intelligibles aux autres ? et à nous-mêmes ?

-nous, notre problème, ce n’est pas de comprendre Sophie K ; mais de vivre quelques temps en sa compagnie.

-ou de la faire vivre quelques temps dans notre compagnie.

-vivre est une expérience, vivre n’a pas de sens. Une quête d’expériences.

-s’interdire de parler de sa mort.

-chut !

-d’accord.

-tenir le hasard pour indigne de décider de notre destin, ce n’est rien d’autre qu’une rechute dans la conception religieuse du monde.

dimanche 26 juin 2005

Toujours ce blocage. Il ne faut plus que je dise que les répétitions sont le plus jour de ma vie (le corps en fête, tu parles, dents malades, antibiotiques, et aucune visibilité, etc.)

Peut-être trouvé l’idée du début, en tout cas, je vais m’y tenir : une bande son informative mais sur un mode un peu badin ; on ne l’a pas trop pris pour soi, encore. Fin sur les bouleaux.

—Elle l’a écrit quand son roman ?

—A la fin de sa vie, c’est-à-dire assez tôt quand même. A la fin d’une vie brève ; tu crois que tu raconteras la mort de Sophie K. C’est quand même le privilège du biographe que de pouvoir raconter la mort de son client.

—le nihilisme, pour elle, c’est de la littérature. Elle écrit Une Nihiliste, l’histoire de Véra…

—tu crois que c’est une espèce d’exorcisme ?

—pourquoi pas ? mais quel scénario !

—toupie : si elle s’intéresse tant aux mouvements d’un corps solide autour d’un point fixe, c’est quoi son point fixe ? La question nihiliste ?

—tu crois qu’on a un point fixe, toi ?

—si on veut être un tant soit peu solide, pourquoi pas ?

—littérature !

Il faudrait que j’écrive ça demain matin. Pourquoi suis-je pris de doutes ? Parce que je ne trouve pas mes actrices très joueuses ni très inventives.

Articles plus anciens »

Propulsé par WordPress