jeanfrancoispeyret.fr

Les journaux de Jean-François Peyret, 2001 à 2008, sont téléchargeables ici

mercredi 24 décembre 2008

Classé dans : Journal 2008-2 — admin @ 11 h 46 min

En guise de frise du jour : « je me désavoue sans cesse et me sens par tout flotter et fléchir de faiblesse. » (Montaigne)

Dans les différents essais de rédaction du Théâtre et son trouble, que je relis présentement, une torture, c’est le théâtre qui manque le plus. Je suis disert sur mon impuissance à écrire, sur ce qui me jette pourtant dans l’écriture mais qui voue l’entreprise à l’échec. Je ne suis pas avare de ces mortifications. Bon, d’accord ce serait un “livre de bonne foi“ dans la pure tradition de mon montaignisme, mais une fois que j’ai dit cela, inutile de trop s’appesantir. Je peux expliquer au début pourquoi, suivant mon bel incipit, « j’aurai passé le plus clair de mon temps dans les salles obscures » ou « dans des salles obscures », je ne sais plus. Je peux dire, non ce que j’allais y chercher, mais ce que je fuyais. Sais-je au demeurant ce qui m’a attiré dans les théâtres : faire quelque chose (je me suis laissé entraîner aussi) plutôt que de discourir ?

D’accord j’essaie de comprendre et d’expliquer comment ça a commencé, pourquoi j’y suis allé, mais il faut aussi rendre compte de ce que j’ai été y faire. C’est surtout cela que je dois mettre au clair, selon l’injonction de Jeanne évoquée au début. Lien avec le déjeuner ou dîner où il est question du comédien (la bête curieuse). Des raisons troubles.

Je parle sereinement, rasséréné plutôt (la névrose littéraire me laisse un peu tranquille ce soir, allez savoir pourquoi !) : si je décide de publier, avec tous les chichis pré-posthumes qu’on voudra, quelque chose sur cette mienne activité théâtrale (vieux style), il faut que j’assume le fait de parler un peu de mon théâtre, et pas seulement de ma qualité, ma non-qualité de nécrivain, car le lecteur est vite lassé du type qui écrit pour dire pourquoi il n’écrit pas ou n’a pas écrit. Après lecture, il s’agirait qu’on ait une petite idée de ces spectacles, surtout si on ne les a pas vus.

Pas ressasser le fait que c’est un livre de bonne foi !

Mais contrairement à ce que j’ai l’air d’écrire dans les brouillons du Trouble ce n’est pas la curiosité pour les comédiens qui m’a poussé vers le théâtre. La curiosité pour le comédien, c’est plutôt ce qui m’y retiendrait.

—ce n’est même plus vrai. Je les fuierais plutôt, les comédiens.

Avec le paquet  « Ceci n’est pas un livre de théâtre », je pourrais fourguer quelques éléments de ma petite poétique ? Comment je fais et ne fais pas du théâtre. Ne pas faire du théâtre pour faire du théâtre mais pour autre chose. Pour être en paix avec soi-même. Eh bien, c’est raté. Ne pas faire du théâtre pour faire une carrière d’homme de théâtre, ce qui se conçoit aisément dans le cadre d’une institution comme celle du théâtre public. Jouer un jeu sans le jouer tout à fait. Un peu pervers. Suis-je pervers, voilà une bonne question. Serais-je jamais capable de répondre à la question de savoir pourquoi je n’ai pas tout bonnement monté des pièces ou pourquoi je n’en ai pas écrit. Pas bon à ça, mais pourquoi ? Pas plus con qu’un autre. Je tempère : écrire de bonnes pièces ( ?), ce n’est pas une mince affaire, mais mettre en scène les textes des autres, ce n’était pas hors de ma portée. Pourquoi ça ne m’a jamais rien dit. Par jalousien, dépit, out tout autre passion triste au choix, ou pour ne pas servir la soupe à un auteur ? Ce qui revient au même.

En relisant, je tombe sur cette phrase d’Artaud que je devrais sans doute davantage exploiter : « C’est autour de la mise en scène, considérée non comme le simple degré de réfraction d’un texte sur la scène, mais comme le point de départ de toute création théâtrale, que se constituera le langage type du théâtre. Et c’est dans l’utilisation et le maniement de ce langage que se fondra la vieille dualité entre l’auteur et le metteur en scène, remplacés par une sorte de Créateur unique, à qui incombera la responsabilité double du spectacle et de l’action. » (142) On dirait que j’ai, sans le savoir et en partie à contre-sens, suivi ce programme. Peut-être je ne comprends pas bien cette « responsabilité double du spectacle et de l’action. » Y revenir. (Tout ce que je dis autour des pages 98 de « rédaction », voilà du matériel).

Un commentaire »

  1. trusted@pillspot.com » rel= »nofollow »>.…

    tnx for info!!…

    Rétrolien par Jay — 24 octobre 2014 @ 6 h 43 min

Flux RSS des commentaires de cet article. Adresse web de rétrolien

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress